Hommage à Françoise Grellet (1940-2026)

Nous avons le regret de vous informer du décès de Françoise Grellet, Directrice de Recherche honoraire au CNRS, à l’âge de 85 ans. Elle avait intègré en 1968 le laboratoire de physiologie végétale, nouvellement créé par Yves Guitton au Collège Universitaire de Perpignan, comme attachée de recherche CNRS. Elle y a effectué un travail pionnier sur la caractérisation et la synthèse des histones végétales pendant la germination. Au décès d’Yves Guitton en juillet 1977, elle prendra spontanément en charge une partie de ses cours, pendant un an, en attendant la nomination de son remplaçant, Paul Penon. Avec ce dernier, elle réalisera un travail original d’analyse de la transcription de l’ADN du virus de la Mosaïque du chou-fleur. A partir de 1984, elle travaille au séquençage de plusieurs gènes de plantes isolés par l’équipe. A partir des années 90 et jusqu’à sa retraite en février 2001, Françoise a participé activement à deux grandes aventures scientifiques du laboratoire : la participation au consortium international de séquençage du premier génome de plante, celui d’Arabidopsis thaliana, publié en 2000, et la collaboration avec l’homologue du laboratoire à Barcelone, au sein du Laboratoire Européen Associé CNRS-CSIC-UPVD (1992-2004).

Françoise a terminé sa riche carrière comme Directeur de recherche au CNRS. Elle a partagé toutes les joies, mais aussi les épreuves, qui ont touché le laboratoire, avec cet enthousiasme pour la recherche et cette convivialité qu’elle a su communiquer à toutes celles et ceux qui ont eu le privilège de travailler avec elle. On se souviendra de sa discrétion, de sa compétence, de sa rigueur scientifique, de sa gentillesse, mais aussi de ses coups de gueule lorsque ses valeurs morales, scientifiques ou politiques étaient mises en cause. Elle a été un pilier du laboratoire, profondément engagée au service du CNRS et de l’Université de Perpignan.

Sans elle le laboratoire ne serait pas ce qu’il est devenu et beaucoup de nos étudiants lui doivent leur vocation et une partie de leur réussite.

Michel Delseny,
Ancien directeur du Laboratoire Génome et Développement des Plantes, UMR 5096 CNRS-Université de Perpignan Via Domitia (1984-2006)

Prix de thèse AAF-SFBV 2026 : Aux sources de la sécrétion végétale, les travaux de Louise Fougère récompensés.

Le transport des protéines et des lipides au sein de la cellule repose sur un système de compartiments membranaires dont l’organisation, chez les plantes, reste en grande partie inconnu.
Ce sujet est au cœur des travaux de Louise Fougère, lauréate du prix commun AAF-SFBV 2026 pour sa thèse consacrée à la voie de sécrétion précoce dans les cellules végétales. Ce prix était accompagné d’un chèque de 500€.

Louise Fougère présentant sa thèse (crédit photo : J. Lothier)

Réalisée au sein du Laboratoire de biogenèse membranaire (LBM, UMR 5200, Villenave-d’Ornon) à l’Université de Bordeaux, sous la direction de Yohann Boutté, sa thèse, intitulée « Revisiting the early secretory pathway in plant cells : identification of a dynamic tubulo-vesiculated ER-Golgi intermediate compartment (ERGIC) that matures in Golgi », a été soutenue le 28 novembre 2025.

En combinant suivi quantitatif des compartiments intracellulaires dans des cellules vivantes, relargage inductible de cargos génétiquement encodés depuis le RE et microscopie à super-résolution, Louise Fougère a mis en évidence un réseau tubulo-vésiculé à l’interface RE-Golgi. Ce réseau interagit de façon dynamique avec le RE et le Golgi, et se stabilise à proximité d’appareils de Golgi préexistants.

Jérémy Lothier (Président SFBV) et Michel Dron (Président de l’Académie d’agriculture de France) remettent le prix de thèse à Louise Fougère (crédit photo : J. Lothier)

Ses travaux montrent également que les céramides, des sphingolipides, jouent un rôle important à la fois dans la formation du réseau ERGIC à partir du RE et dans sa stabilisation au niveau du Golgi. Cette stabilisation donne naissance à une nouvelle pré-citerne, qui sera ensuite intégrée à l’appareil de Golgi. Ces résultats renouvellent la vision de l’organisation du Golgi chez les plantes, et suggèrent que le trafic entre le RE et le Golgi passe par un réseau de tubules, et pas uniquement par des vésicules, remettant ainsi en question le transport vésiculaire classique. Ils ont fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Cell Biology (2025), dont Louise Fougère est première autrice.

Pour prolonger ces découvertes, elle a engagé des recherches complémentaires visant à déterminer si les transporteurs vésiculaires conventionnels de type COP sont présents dans ce réseau, et quel est le rôle fonctionnel de l’ERGIC dans la physiologie des cellules végétales.

Actuellement en post-doctorat à l’Université de Genève, dans l’équipe de Marie Barberon, Louise Fougère étudie le processus de dépôt de la subérine dans les cellules végétales, un polymère essentiel aux barrières protectrices des racines. Elle poursuit ainsi son exploration de l’organisation membranaire et du trafic intracellulaire des plantes.

Avec ce prix, l’AAF et la SFBV récompensent l’importance de la biologie cellulaire végétale et de la compréhension fine du trafic intracellulaire, un domaine au cœur de l’étude de l’organisation et du fonctionnement des cellules végétales.

 

Offre d’emploi: Postes de Chef(fe) d’Équipe à l’IBPS-Sorbonne Université – Opportunité en Biologie Végétale

Le Laboratoire Development, Adaptation and Ageing (Dev2A) de l’Institut de Biologie Paris Seine (IBPS, Sorbonne Université, Paris) recherche deux chef(fe)s d’équipe talentueux(ses).

L’un des deux postes est spécifiquement ciblé sur la biologie végétale.

L’IBPS est un centre de premier plan pour la recherche fondamentale interdisciplinaire en biologie, situé sur le campus des sciences et de l’ingénierie de Sorbonne Université, au cœur de Paris. Au sein de l’IBPS, le laboratoire Dev2A regroupe 18 équipes de recherche étudiant le développement, le vieillissement et l’adaptation tout au long de la vie, à différentes échelles et à travers une variété de modèles animaux et végétaux, en combinant des approches intégrées, quantitatives et interdisciplinaires.

L’IBPS bénéficie d’un environnement scientifique collaboratif dynamique, soutenu par d’excellentes plateformes techniques proposant de la microscopie photonique et électronique de pointe, de l’ingénierie des protéines, de la bioinformatique, ainsi que des animaleries végétales, rongeurs et aquatiques.

Les deux chef(fe)s d’équipe recruté(e)s initieront des projets innovants, complémentaires aux thématiques de recherche actuellement couvertes par Dev2A. Les candidat(e)s seront sélectionné(e)s sur la base de leur excellence scientifique et de leur potentiel d’intégration et de synergie avec les recherches existantes au sein du laboratoire Dev2A et de l’institut. Les candidat(e)s retenu(e)s devront obtenir un financement pour leur recherche et un poste au CNRS, à l’Inserm ou à Sorbonne Université s’ils/elles n’en possèdent pas déjà un. L’Institut pourra les accompagner dans ces démarches.

Les candidatures et questions doivent être envoyées par mail à la Directrice de Dev2A, Dominique Weil (sciences-Dev2A-direction@sorbonne-universite.fr). Les candidat(e)s doivent fournir les informations suivantes dans un seul fichier pdf : une lettre de motivation expliquant leur intérêt pour rejoindre le laboratoire IBPS-Dev2A, un CV (2 pages), un résumé des réalisations scientifiques (3 pages) et un programme de recherche (4 pages). Ce fichier pdf doit également être déposé ici. Trois lettres de recommandation doivent être envoyées directement par les référent(e)s à l’adresse ci-dessus.

La candidature doit être reçue avant le 20 novembre 2026.

Vœux du président – Jérémy Lothier

Chères amies, chers amis, chères collègues, chers collègues,

Je vous présente, au nom de la SFBV, tous mes vœux de bonheur et de réussite pour 2026.

Cette année nous aurons le plaisir de nous réunir à nouveau lors du 15e colloque de la SFBV qui se tiendra à Toulouse du 24 au 26 août 2026. Les inscriptions ouvriront début mars avec des tarifs très attractifs pour les membres de notre société. Notre colloque bisannuel est l’occasion de faire vivre notre communauté. Il offre l’opportunité de resserrer les liens qui nous unissent tout en participant à un événement de grande qualité scientifique. Une fois encore, nous favoriserons la participation des chercheurs juniors en mettant à leur disposition des bourses de voyage SFBV.

En 2026, nous continuerons également à offrir notre soutien administratif et financier pour l’organisation de vos colloques, le financement de vos déplacements, ainsi que pour encourager les activités scientifiques des jeunes chercheurs. Pour en bénéficier, n’hésitez pas à contacter le secrétariat (secretariat@sfbv.fr) et à consulter notre site web : http://sfbv.fr/. J’invite également tous les jeunes docteurs à postuler pour le prix de thèse SFBV-Académie d’Agriculture de France (https://sfbv.fr/prix-de-these/).

Bien entendu, toutes ces initiatives ne sont possibles que grâce à vos cotisations et à votre confiance. Je vous encourage donc à renouveler votre adhésion et à promouvoir la SFBV auprès de vos collègues afin de favoriser de nouvelles adhésions et dons. Ensemble, continuons à faire grandir et fructifier notre belle communauté.

Bien à vous,
Jérémy Lothier

Workshop « Carbon Allocation in Plants » – IJPB, Versailles (27-29 octobre 2025)

La troisième édition du workshop « Carbon Allocation in Plants » s’est tenue du 27 au 29 octobre 2025 à l’Institut Jean-Pierre Bourgin – Sciences du Végétal à Versailles. Cette rencontre a réuni chercheurs, ingénieurs et doctorants afin de discuter des mécanismes qui contrôlent la répartition, le transport et le stockage du carbone dans les plantes. Ce workshop a été organisé par l’équipe CATS (Carbon, Allocation, Transport, Signalling), après les éditions 2021 et 2023.

De nombreuses présentations ont eu lieu, notamment sur les avancées récentes sur le rôle des facteurs environnementaux dans la formation des flux de carbone, les mécanismes génétiques et métaboliques de la répartition du carbone, des approches biotechnologiques qui visent à améliorer l’efficacité de l’utilisation du carbone et la contribution émergente des symbioses microbiennes à la reprogrammation de la distribution du carbone.

Photo commune des participants

Parmi les intervenants invités figuraient John Lunn (Institut Max Planck), Wolf Frommer (HHU Düsseldorf), Yves Gibon (INRAE Bordeaux), Elena Baena-González (Université d’Oxford) et Thomas Nägele (LMU Munich). Le comité scientifique international réunissait cinq institutions européennes, sous la coordination de Sylvie Dinant (IJPB). Ce workshop a aussi été l’occasion pour de nombreux étudiants internationaux de présenter des posters sur leur recherche.

Présentation de Rozenn Le Hir durant le workshop

Outre les échanges scientifiques, l’atelier vise à renforcer la collaboration interdisciplinaire et à consolider une communauté de recherche en pleine expansion autour d’une question centrale concernant la productivité végétale, le stockage du carbone dans les sols et la transition écologique de l’agriculture. Une prochaine édition est déjà prévu l’année prochaine, ce qui confirme l’intérêt croissant pour la répartition du carbone en tant que thème stratégique dans le domaine des sciences végétales.

Prix de thèse AAF-SFBV 2025 : Au cœur de la diversité métabolique des graines, les travaux de Léa Barreda récompensés.

Les graines constituent un vaste réservoir de métabolites spécialisés qui jouent un rôle crucial dans l’interaction des plantes et des graines avec leur environnement.
Cette complexité biochimique est au cœur des travaux de Léa Barreda, lauréate du prix commun AAF-SFBV 2025 pour sa thèse sur la diversité et la plasticité du métabolome spécialisé des graines de Brassicaceae. Ce prix était accompagné d’un chèque de 500€.

Léa Barreda présentant sa thèse (crédit photo : C. Enard)

Réalisée au sein de l’équipe SEED-DREAM (« Seed – Development, Regulation and Metabolism ») de l’Institut Jean-Pierre Bourgin – Sciences du Végétal (INRAE, AgroParisTech, Université Paris-Saclay), sous la direction de Massimiliano Corso et Loïc Lepiniec, sa thèse porte sur la manière dont les plantes gèrent la composition de leurs métabolites sous l’effet de stress abiotiques. En utilisant des approches métabolomiques, génétiques et biochimiques, elle a contribué à faire progresser les connaissances sur les relations entre la diversité métabolique et les stratégies d’adaptation des graines.

Il s’agit d’un domaine en plein essor : l’exploration du métabolisme spécialisé des plantes, qui vise à découvrir les voies biosynthétiques et les fonctions écologiques de composés tels que les glucosinolates, les flavonoïdes et les acides phénoliques. Ces composés jouent un rôle dans la défense contre les agents pathogènes, le stress oxydatif et la communication entre les plantes et leur environnement.

Avant sa thèse, Léa Barreda s’intéressait déjà à la physiologie de la germination et à la biosynthèse des caroténoïdes, en particulier ceux impliqués dans la biosynthèse de l’acide abscissique, une hormone clé dans la régulation de la dormance. Elle a ensuite rejoint le projet SeedNapic, dont l’objectif était la caractérisation des voies métaboliques de l’acide sinapique dans les graines, un projet financé par l’EUR Saclay Plant Sciences (SPS).

Actuellement en post-doctorat au Centro Nacional de Biotecnología (CNB, CSIC) à Madrid grâce à une bourse EMBO, Léa Barreda explore la diversité des métabolites spécialisés associés aux gouttelettes lipidiques chez les bryophytes telles que Marchantia polymorpha et Radula obconica. Ces travaux apportent un éclairage nouveau sur l’évolution des métabolismes secondaires et leur rôle dans l’adaptation des plantes à la vie terrestre.

Jérémy Lothier (Président SFBV), Jean-François Briat (Académicien AAF) et Gisèle Cordillot (ancienne secrétaire SFBV) remettent le prix de thèse à Léa Barreda (crédit photo : C. Enard)

Avec ce prix, l’AAF et la SFBV récompensent l’importance croissante de la biologie intégrative du métabolisme végétal, un domaine au cœur de la durabilité et de l’innovation en biologie végétale.

 

Workshop Carbon Allocation in Plants – 27-29 octobre 2025 – Versailles

Avancées dans la compréhension de l’allocation et de l’acquisition du carbone – 27-29 octobre 2025, INRAE, Versailles

L’allocation du carbone chez les plantes est un processus hautement dynamique, influencé par les conditions environnementales, la régulation génétique et des interactions biologiques complexes. Les récentes avancées dans ce domaine de recherche ont amélioré notre compréhension de la manière dont des facteurs aériens et souterrains influencent la distribution et le stockage du carbone. Parallèlement, les progrès en recherche génétique et moléculaire révèlent les mécanismes qui contrôlent le partage du carbone, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour accroître la productivité et la résilience des plantes. Ces découvertes stimulent des approches biotechnologiques innovantes visant à optimiser l’allocation du carbone, améliorant ainsi l’efficacité des systèmes naturels et agricoles. La biologie du phloème apporte également un éclairage sur la manière dont les plantes transportent et distribuent le carbone, tandis que des recherches émergentes sur les interactions microbiennes et les relations symbiotiques mettent en évidence leur rôle crucial dans la régulation des flux de carbone. En intégrant les connaissances issues de la physiologie végétale, de la génétique, de la biotechnologie, de la science des sols et de la recherche sur les écosystèmes, cet atelier sur l’allocation du carbone chez les plantes supérieures vise à favoriser la collaboration interdisciplinaire, stimuler de nouvelles idées et faire progresser la science, avec des implications pour l’agriculture et la durabilité environnementale.

Sept sessions sont organisées :
> Comment les facteurs environnementaux influencent l’allocation du carbone
> Révéler les secrets génétiques et moléculaires de la répartition du carbone> Décrypter la régulation complexe de l’allocation du carbone chez les plantes
> Des solutions biotechnologiques innovantes pour améliorer l’efficacité de l’allocation du carbone
> Explorer les mécanismes de stockage et de séquestration du carbone : la biologie cellulaire du partage
> Le monde fascinant de la biologie du phloème : transport des sucres et des photoassimilats
> Le rôle des microbes et des symbioses dans la distribution du carbone : un réseau caché

Inscriptions et programme disponible ici.

AfficheWorkshop2025