Prix de thèse AAF-SFBV 2026 : Aux sources de la sécrétion végétale, les travaux de Louise Fougère récompensés.
Le transport des protéines et des lipides au sein de la cellule repose sur un système de compartiments membranaires dont l’organisation, chez les plantes, reste en grande partie inconnu.
Ce sujet est au cœur des travaux de Louise Fougère, lauréate du prix commun AAF-SFBV 2026 pour sa thèse consacrée à la voie de sécrétion précoce dans les cellules végétales. Ce prix était accompagné d’un chèque de 500€.
Louise Fougère présentant sa thèse (crédit photo : J. Lothier)
Réalisée au sein du Laboratoire de biogenèse membranaire (LBM, UMR 5200, Villenave-d’Ornon) à l’Université de Bordeaux, sous la direction de Yohann Boutté, sa thèse, intitulée « Revisiting the early secretory pathway in plant cells : identification of a dynamic tubulo-vesiculated ER-Golgi intermediate compartment (ERGIC) that matures in Golgi », a été soutenue le 28 novembre 2025.
En combinant suivi quantitatif des compartiments intracellulaires dans des cellules vivantes, relargage inductible de cargos génétiquement encodés depuis le RE et microscopie à super-résolution, Louise Fougère a mis en évidence un réseau tubulo-vésiculé à l’interface RE-Golgi. Ce réseau interagit de façon dynamique avec le RE et le Golgi, et se stabilise à proximité d’appareils de Golgi préexistants.
Jérémy Lothier (Président SFBV) et Michel Dron (Président de l’Académie d’agriculture de France) remettent le prix de thèse à Louise Fougère (crédit photo : J. Lothier)
Ses travaux montrent également que les céramides, des sphingolipides, jouent un rôle important à la fois dans la formation du réseau ERGIC à partir du RE et dans sa stabilisation au niveau du Golgi. Cette stabilisation donne naissance à une nouvelle pré-citerne, qui sera ensuite intégrée à l’appareil de Golgi. Ces résultats renouvellent la vision de l’organisation du Golgi chez les plantes, et suggèrent que le trafic entre le RE et le Golgi passe par un réseau de tubules, et pas uniquement par des vésicules, remettant ainsi en question le transport vésiculaire classique. Ils ont fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Cell Biology (2025), dont Louise Fougère est première autrice.
Pour prolonger ces découvertes, elle a engagé des recherches complémentaires visant à déterminer si les transporteurs vésiculaires conventionnels de type COP sont présents dans ce réseau, et quel est le rôle fonctionnel de l’ERGIC dans la physiologie des cellules végétales.
Actuellement en post-doctorat à l’Université de Genève, dans l’équipe de Marie Barberon, Louise Fougère étudie le processus de dépôt de la subérine dans les cellules végétales, un polymère essentiel aux barrières protectrices des racines. Elle poursuit ainsi son exploration de l’organisation membranaire et du trafic intracellulaire des plantes.
Avec ce prix, l’AAF et la SFBV récompensent l’importance de la biologie cellulaire végétale et de la compréhension fine du trafic intracellulaire, un domaine au cœur de l’étude de l’organisation et du fonctionnement des cellules végétales.
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Posted: 1 octobre 2026 by Damien Fuster
Prix de thèse AAF-SFBV 2026 : Aux sources de la sécrétion végétale, les travaux de Louise Fougère récompensés.
Le transport des protéines et des lipides au sein de la cellule repose sur un système de compartiments membranaires dont l’organisation, chez les plantes, reste en grande partie inconnu.
Ce sujet est au cœur des travaux de Louise Fougère, lauréate du prix commun AAF-SFBV 2026 pour sa thèse consacrée à la voie de sécrétion précoce dans les cellules végétales. Ce prix était accompagné d’un chèque de 500€.
Réalisée au sein du Laboratoire de biogenèse membranaire (LBM, UMR 5200, Villenave-d’Ornon) à l’Université de Bordeaux, sous la direction de Yohann Boutté, sa thèse, intitulée « Revisiting the early secretory pathway in plant cells : identification of a dynamic tubulo-vesiculated ER-Golgi intermediate compartment (ERGIC) that matures in Golgi », a été soutenue le 28 novembre 2025.
En combinant suivi quantitatif des compartiments intracellulaires dans des cellules vivantes, relargage inductible de cargos génétiquement encodés depuis le RE et microscopie à super-résolution, Louise Fougère a mis en évidence un réseau tubulo-vésiculé à l’interface RE-Golgi. Ce réseau interagit de façon dynamique avec le RE et le Golgi, et se stabilise à proximité d’appareils de Golgi préexistants.
Ses travaux montrent également que les céramides, des sphingolipides, jouent un rôle important à la fois dans la formation du réseau ERGIC à partir du RE et dans sa stabilisation au niveau du Golgi. Cette stabilisation donne naissance à une nouvelle pré-citerne, qui sera ensuite intégrée à l’appareil de Golgi. Ces résultats renouvellent la vision de l’organisation du Golgi chez les plantes, et suggèrent que le trafic entre le RE et le Golgi passe par un réseau de tubules, et pas uniquement par des vésicules, remettant ainsi en question le transport vésiculaire classique. Ils ont fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Cell Biology (2025), dont Louise Fougère est première autrice.
Pour prolonger ces découvertes, elle a engagé des recherches complémentaires visant à déterminer si les transporteurs vésiculaires conventionnels de type COP sont présents dans ce réseau, et quel est le rôle fonctionnel de l’ERGIC dans la physiologie des cellules végétales.
Actuellement en post-doctorat à l’Université de Genève, dans l’équipe de Marie Barberon, Louise Fougère étudie le processus de dépôt de la subérine dans les cellules végétales, un polymère essentiel aux barrières protectrices des racines. Elle poursuit ainsi son exploration de l’organisation membranaire et du trafic intracellulaire des plantes.
Avec ce prix, l’AAF et la SFBV récompensent l’importance de la biologie cellulaire végétale et de la compréhension fine du trafic intracellulaire, un domaine au cœur de l’étude de l’organisation et du fonctionnement des cellules végétales.
Category: Thèse
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